Consultance
Comment fonctionne un contrat click pour une entreprise ?
Un contrat click est un contrat de fourniture d’énergie dont le prix n’est pas fixé à la signature. L’entreprise fixe son prix en plusieurs fois, par tranches de volume, aux conditions du marché à terme observées au moment où elle clique. Le contrat est signé d’abord, le prix se construit ensuite.
C’est la principale différence avec un prix fixe classique, où la totalité du volume est figée en une seule fois, à une seule date, sur les conditions de ce jour-là.
Que se passe-t-il concrètement quand une entreprise « clique » ?
Cliquer, c’est fixer le prix d’une partie de sa consommation future. L’entreprise signe un contrat de fourniture pour une ou plusieurs années de livraison, puis décide, période après période, quelle part de son volume elle sécurise et à quel moment.
Chaque fixation porte sur un produit de marché précis : une année calendaire, un trimestre ou un mois de livraison. Selon le contrat, la fixation s’exprime en pourcentage du volume ou en blocs de MW. Elle s’applique aussi bien à l’électricité qu’au gaz.
Une fois cliquée, une tranche est acquise. Son prix ne bouge plus, quelle que soit l’évolution du marché ensuite. Chaque click fixe ainsi une partie du volume à un prix donné, et les fixations successives construisent progressivement le prix moyen de l’énergie du contrat.
Pourquoi une entreprise choisit-elle de fixer son prix en plusieurs fois ?
Parce qu’un prix fixe fait dépendre plusieurs années de budget d’une seule journée de marché. Si cette journée tombe sur un pic, l’entreprise le paie sur toute la durée du contrat.
Fixer en plusieurs fois répartit l’achat dans le temps. L’entreprise n’est plus exposée à un point de marché unique : elle lisse son prix moyen sur plusieurs niveaux. C’est un arbitrage de risque, pas une promesse de prix bas.
Le revers est réel. Tant qu’une part du volume n’est pas fixée, elle reste exposée aux hausses. Un contrat click demande donc des décisions, à des moments choisis, et quelqu’un pour suivre le marché entre-temps.
Prix fixe, contrat click, prix variable : quelles différences ?
| Quand le prix est fixé | Exposition au marché | Ce que ça demande à l’entreprise | |
|---|---|---|---|
| Prix fixe | En une fois, à la signature | Aucune après la signature, mais totale le jour de la fixation | Choisir la date de signature |
| Contrat click | En plusieurs fois, pendant la durée du contrat | Décroît à mesure que le volume est fixé | Décider du rythme des fixations et suivre le marché |
| Prix variable ou indexé | Jamais : le prix suit un indice, période par période | Permanente, sur toute la durée | Absorber la variation dans le budget |
Aucune de ces trois structures n’est supérieure aux autres dans l’absolu. Elles répondent à des profils de consommation, des tolérances au risque et des horizons budgétaires différents.
Comment définit-on une stratégie de couverture ?
Un contrat click donne de la flexibilité. Encore faut-il décider quoi en faire. Trois questions se tranchent avant la première fixation.
Quelle part du volume couvrir ? Une entreprise qui doit tenir son budget au pourcent près sécurise une part plus large, et plus tôt, qu’une entreprise capable d’absorber une variation dans ses marges.
Sur quelle période ? Couvrir l’année en cours ne demande pas le même rythme que couvrir trois années de livraison. Plus l’horizon est long, plus les fixations s’étalent.
Quel risque accepte-t-on de garder ouvert, et jusqu’à quand ? Un volume non fixé est un volume exposé. Le décider à l’avance évite de le découvrir à l’échéance.
Le but n’est pas de deviner le point bas du marché : personne ne le connaît à l’avance. Le but est d’avoir un cadre de décision, avec des seuils écrits, un rythme convenu et une réponse arrêtée en amont à la question « que fait-on si le marché monte de 15 % ? ». Sans ce cadre, chaque fixation redevient un pari pris dans l’urgence.
Ce qu’un contrat click ne fait pas
C’est la partie que les présentations commerciales passent le plus souvent sous silence.
Il ne garantit pas un prix plus bas. Une stratégie de fixation étalée peut aboutir à un prix moyen supérieur à celui d’un prix fixe signé au bon moment. Personne ne connaît le point bas à l’avance, et aucun outil de suivi ne le donne.
Il ne supprime pas le risque, il le structure. Le risque de marché est réparti sur plusieurs dates au lieu d’une seule. Il n’est pas annulé.
Il ne se pilote pas tout seul. Un contrat click sans décision est un contrat click qui subit son échéance. La plupart des contrats prévoient ce qui arrive au volume non fixé à la date limite, et cette clause est rarement à l’avantage de l’entreprise distraite.
Il ne dispense pas de lire les conditions. Trois points méritent d’être vérifiés avant de signer : jusqu’à quand les fixations sont possibles, quelle est la taille minimale d’une tranche, et ce qu’il advient du volume resté ouvert à l’échéance.
Quelles entreprises ont intérêt à regarder cette structure ?
Un contrat click suppose deux choses : un volume suffisant pour que le fournisseur propose cette structure, et une organisation capable de décider dans les temps.
Côté volume, le seuil courant est de 250 MWh de consommation annuelle par contrat, tous les points de fourniture (EAN) additionnés. En dessous, cette structure est rarement proposée.
Au-delà du seuil, les profils qui s’y prêtent le mieux ont un budget énergie assez significatif pour qu’une variation de quelques pourcents change une décision d’investissement, un besoin de visibilité budgétaire sur plusieurs exercices, et la capacité de piloter leur couverture régulièrement, pas seulement au moment du renouvellement. À l’inverse, une entreprise dont la facture énergie reste marginale dans ses charges trouvera rarement un gain proportionnel à l’attention que ce type de contrat réclame.
Chez Flexy, ce pilotage relève de la consultance, un service distinct du courtage et facturé au client sur mandat. Concrètement : nous suivons le marché, nous montrons à l’entreprise où elle en est de sa couverture, et nous chiffrons l’effet qu’aurait une fixation supplémentaire sur son prix moyen et sur son budget. La décision, elle, reste celle de l’entreprise : rien n’est exécuté sans sa validation. Le suivi s’appuie sur nos données de marché et sur la plateforme YEM, sur laquelle nous accompagnons les contrats click.
Questions fréquentes
Qui décide du moment d’un click ?
L’entreprise. Nos analystes suivent le marché, signalent les mouvements et simulent l’effet de chaque scénario sur le budget, mais le rythme et le niveau de couverture restent une décision du client. Aucune fixation n’est exécutée sans son accord.
Que se passe-t-il si tout le volume n’est pas fixé à l’échéance ?
Cela dépend du contrat, et c’est un point à vérifier avant de signer. Selon les cas, le volume resté ouvert est fixé automatiquement aux conditions du moment, ou bascule sur un prix indexé. Les deux situations ont un coût budgétaire très différent.
À partir de quel volume un contrat click est-il possible ?
En pratique, à partir de 250 MWh de consommation annuelle par contrat, tous les points de fourniture (EAN) additionnés. Le seuil porte sur le contrat, pas sur chaque site : plusieurs petits points de fourniture regroupés peuvent l’atteindre.
Un contrat click est-il réservé à l’électricité ?
Non. Le mécanisme s’applique aussi au gaz. Une entreprise peut piloter les deux fournitures en parallèle, avec des rythmes de fixation différents pour chacune.
Peut-on cliquer sur plusieurs années de livraison ?
Oui, quand le contrat le prévoit. Les fixations portent alors sur des produits distincts, par année calendaire, par trimestre ou par mois. Chaque produit se traite séparément, ce qui permet de couvrir une année déjà engagée sans figer les suivantes.
Un contrat click coûte-t-il plus cher qu’un prix fixe ?
Le contrat en lui-même n’ajoute pas de surcoût mécanique. Ce qui change le résultat final, c’est le niveau auquel les tranches ont été fixées. Le pilotage de ces fixations peut faire l’objet d’une consultance facturée séparément, que l’entreprise choisit ou non de prendre.